L’horreur du champ de bataille, vue par les élèves de 3A et de 3C

Loretto. Gieslerhöhe = [Colline de Lorette], Max Gehlsen, 1916. Peinture montée sur carton (illustration) : aquarelle, en couleur, rehauts de gouache. Archives départementales du Pas-de-Calais.



Quand je suis arrivé au front, j’avais l’impression de me diriger vers l’enfer. Je ne voulais pas connaître cet endroit, mais malheureusement il le fallait.

Une nuit, nous devions attaquer le camp adverse, j’écoutais déjà les obus éclater, les soldats crier, la poussière m’aveugler et m’étouffer. Je voyais les troupes sauter par-dessus les tranchées et traverser les barbelées. C’était mon tour d’y aller. J’étais horrifié, j’avais peur car la mort était en face de moi. Chaque seconde, je voyais des morts, mes yeux tremblaient, mes mains étaient gelées et je ne les sentais plus. L’odeur de la poudre dansait autour de moi et me dérangeait. Mes bottes étaient humides et les soldats tombaient dans les cratères remplis d’eau.

(Jade)


Cela faisait déjà six jours que je traînais tel une larve dans les tranchées. Nos portions de nourriture étaient minimes, les horaires des repas n’étaient plus respectés et, de plus, il était impossible de manger à cause d’une odeur nauséabonde de cadavres qui nous envahissait. Puis, le colonel lança l’assaut. Je voyais les soldats partir peu à peu, attendant mon tour, je repensais à tous mes camarades morts au combat. A peine j’eus grimpé l’échelle que je voyais déjà une pluie d’obus qui faisait trembler le sol, on aurait dit une avalanche de météorites. Plus j’avançais, plus mon corps tremblait, j’étais tétanisé. Mes oreilles saignaient à cause de ce tonnerre métallique. Une fois arrivé au coeur de l’action, une odeur toxique de soufre et de gaz nous donnait mal à la tête. Nous étions condamnés à affronter la mort, alors que la mort était invincible.

(Rui et Wladimir)


La destruction était horrible, nous avions peur. On tirait dans tous les sens, des balles atterrissaient à côté de nous comme si nous jouions aux fléchettes. Nous entendions des bruits de canons qui explosaient tout ceux qui étaient aux alentours. Nous touchions des cadavres qui s’empilaient sur le sol ensanglanté, nous voyions des soldats mourir devant nos yeux comme si nous voyions de la viande se découper à coup de hache. J’avais l’impression qu’il y avait une boucherie dans les tranchées.

(Jefferson et Anthony)


Je n’avais pas dormi depuis des jours. Un matin d’hiver, je m’endormis d’épuisement dans une tranchée. Soudain un obus explosa et je me réveillai en sursaut. Lorsque je me levai, un autre obus explosa, il me perça les tympan et éjecta plus de la moitié de ma division. Quand la poussière se dissipa, je vis mes camarades morts, entassés les uns sur les autres. Des bras tombaient du ciel. Je reçus des membres pleins de sang sur moi. Même pas le temps de pleurer nos camarades que nous partions dans de nouvelles tranchées, avec le sang de nos camarades qui colle à nos vêtements et à nos peaux . Nous avions les mains à vif, brûlées par les tirs de canons. La nuit, les rats rongeaient nos chaussures. Allongés sur nos paillasse, qui nous servaient de lit, nous n’attendions qu’une chose, que la mort vienne nous chercher. Au moindre petit bruit nous sursautions, par peur que ces «Boches» viennent nous bombarder.

(Rayan et Lyna)


Soldat affamé, apeuré, mort de fatigue et de froid. Sur le champ de bataille, affalé sur le sol, larme qui coule sur sa joue gelée, flasque à la main, main tremblante . Cœur palpitant à cent-mille à l’heure. Front transpirant à en mourir, affreuse douleur à la jambe. Des bombardements à en perdre l’ouïe, des corps sans vies à l’odeur répugnante, des corps en sang qui volent ;

Trois questions tournent en boucle dans son esprit : Vais-je continuer ? Vais-je me laisser mourir ? Vais-je pouvoir rentrer à la maison ?

(Stella et Myriam)


Le champ de bataille,c’est l’horreur. Mes yeux s’aveuglent dans cette fumée noire, les explosions qui s’enchaînent font mal aux oreilles et cette odeur de brûlé m’empêche de respirer. Je suis en sang,  mes mains sont mutilées, pleines de boue, je n’en peux plus. Du sang recouvre des cadavres au sol. Je sais que la mort est proche.

(Meyssane)


J’étais caché derrière un amas de terre. J’entendais les obus tomber tout prêt de moi. Les corps qui s’écrasaient devant moi transformaient cette vue autrefois verte en un rouge vif qui brûlait les yeux mais qui faisait partie, à présent, de mon quotidien. Nous étions devenus des monstres, même les animaux n’étaient pas aussi sauvages et cruels que nous. C’était l’enfer sur terre.

Je ne voyais plus ces tranchées qui étaient à quelques mètres de moi, la terre et les obus les avaient détruites. On pouvait y voir les corps explosés sous cette pluie de fer.

Le colonel sifflait dans le sifflet de la mort, c’était l’heure, il m’encourageait à partir dans le camps ennemis. Alors je me mis à courir, évitant ces cadavres séchés qui jonchaient cette terre retournée.

Des fois, je pouvais percevoir des mains sortir de sous la terre, des pieds coupés, du sang recouvrait les vêtements, les corps. Je ne voyais plus que ça, même les yeux fermés.

(Kimberly & Océane)


« C’est pour la France …Allez ! » hurla le général de toute ses forces, tout se passa comme un troupeau de moutons fuyant le loup. Nous courions, fusil et bombe à la main, traversant les barbelées. « A la bombe ennemie ! » cria un soldat. Soudain, je vis une bombe se diriger vers moi, je courus le plus vite que possible vers les tranchées allemandes quand je tombais, à plat ventre, les mains sur le buste d’un cadavres calciné. Puis, une image me revint à la tête, celle de ma femme et mes trois filles me donnant de la force et la fierté pour continuer la guerre sain et sauf .

(Iara et Alimata)


L’odeur de la braise consumait l’antre de mes narines .Dans l’idéal, un bon chocolat chaud m’aurait fait le plus grand bien, mais le souffle de la mort retentit et une conviction me gagna. Je ne pouvais pas mourir. Du moins, pas comme un moins que rien. Je me battrai ! Sur le champ de bataille j’envoyai de nombreuses bombes , tirai sur qui compte voulait m’ôter la vie .Mes compagnons combattaient avec autant de rage que moi. Un soldat cria :” je ne perdrai pas cette bataille!”.

Je ne pensais qu’à survivre. “Pourrais-je graver les échelons” me suis-je dit, mais ce n’était pas le moment de penser à ceci. Un boch arriva pendant que j’étais perdu dans mes pensées, et d’un seul coup je sentis le temps se figer. ”C’est la fin?” dis-je. J’entendis un coup de feu, et je vis le soldat ennemi s’effondrer sur le sol.Mais qui avait bien pu me sauver la vie? Cette question résonna jusqu’à ce qu’un obus retentit, alors je repris mes esprits et mon chemin.

(Kron)


Nous étions assis là, dans les tranchées, attendant les ordres du général. C’est alors que j’entends ce dernier hurler: « Pour la France, à l’assaut ! ». Nous montons les échelles des tranchées et nous arrivons dans le No man’s land en hurlant pour se motiver. C’est alors que les premiers tirs de mitrailleuses et d’obus commencent, la terre se fait soulever, exploser, retourner. Certains soldats se font avoir par les mitrailleuses quand les autres se font déchiqueter par les obus. C’était une boucherie, ça ressemblait à un cauchemar et pourtant… Je ressentais comme une poussée d’adrénaline, je ne réfléchissais plus, je ne faisait que tirer et lancer des grenades sans même viser.

(Quentin et Dimitri)


Nous étions là, en plein milieu du vide . Les allemands nous encerclaient, on était comme des cerfs sur le point d’être tués et eux étaient les chasseurs. Quand tout à coup, un son résonna dans nos oreilles. Si un son pouvait tuer, nous serions mort avant même qu’il ait eu le temps de résonner deux fois dans nos têtes. Ce bruit provenait du sol qui tremblait lié à une bombe qui a explosé en dégageant une fumée noire qui nous dispersa tous. Après que cette horreur se soit terminée, je découvris les bouts de corps de mes camarades couverts de sang.

(Asma, Stella et Océane)


Sur le champ de bataille.

-Allez dépêchez vous.

-Oui, chef.

-Prêts ? Mettez les baïonnettes aux fusils.

-D’accord, chef.

-Attention. Pour la FRANCE ! A l’attaque !

-Allons tuer les Boches.

-Nous voulons la victoire pour la France et pour la gloire !

-Allons faire la fête à ces Allemands !

(Matt)


J’étais dans la tranchée, en train d’équiper ma baïonnette au canon de mon fusil. Durant ce laps de temps, je ne pensais plus à rien, si ce n’est à la mort quasi certaine qui m’empêchait de faire le vide dans mon esprit, comme si la mort elle-même me possédait

Ça y est, le colonel siffle! Et il était temps pour moi de faire mes preuves: »Pour l’amour de la patrie! ».

Mes camarades et moi déferlâmes comme des affamés sur un morceau de bœuf, sur le No man’s land et, brutalement, une déflagration nous traversa le corps. Des milliards de jets de terre nous fracassèrent le visage, suivis de quelques bouts de chairs et de boyaux. Le camarade qui, il y a quelques secondes, était près de moi, s’était transformé en un immense cratère de sang et de chairs. Quelle horrible scène! La fumée qui jaillit de cette fosse nous permettait de décamper en toute vitesse pour attaquer l’ennemie , qui se situait à une dizaines de mètres, mais cet ennemi n’attendait que ça.

Soudain, un ouragan de gaz nous couvrit la vue, il s’infiltra aussitôt dans nos poumons.

Ce cyclone engloutit complètement nos frères d’arme qui n’avaient pas mis leur masque a gaz. Ils hurlaient, toussaient, et, dans le même temps, des rafales de roches en fusion se déchaînèrent si monstrueusement que je vis ma baïonnette fondre et mes mains s’enflammer. Le fracas provoqué par ces colosses qui soulevaient des tonnes de terre camouflait le bruit furtif de la mitrailleuse des boches, dans ce mélange de gazs et de poussières.

On sentait nos corps se mélanger avec la Terre. Je me jetai brusquement dans un de ces cratères, tombai sur le cadavre de mon meilleur ami. Des comètes frôlaient mon casque, et j’entendais comme le bruit du fer rouge dans l’eau. Puis, d’un geste, je vis une main, une grenade, ma grenade, qui s’élança en direction de la tranchée ennemie tandis que le coeur chaud de mon ami battait encore sur mon autre main. Nous étions devenus des cannibales qui se goinfraient, avec la mort, des âmes des hommes.

(Tahar)


J’avais une petite mine, due à la nuit épouvantable que j’avais passé à surveiller le camp.

Nous sommes prêts, prêts pour la guerre! Dans les tranchées, la peur se fait ressentir comme si chacun était persuadé de vivre ses derniers instants.

“Faisons-le, pour la France !” hurla le colonel.

Après ces paroles, tous se précipitent comme des animaux enragés . Des coups de feu résonnent , les grenades volent de nos mains pour atterrir sur le visage des Allemands. Si tu avances, tu t’engages à mourir pour ton pays. Chaque geste était important.

(Amel et Celya)


Nous nous apprêtions à partir à l’assaut, nous étions épuisés, puis le colonel siffla et nous partîmes sur le champs de bataille avec l’angoisse .

Je me réfugiai derrière un rocher, j’entendis mes coéquipiers se faire tirer dessus. J’étais terrifiés à l’idée de me faire tuer par l’ennemi. Pendant un moment, je n’’entendis plus de bruit. Que des blessées qui criaient. J’entendis que le sifflet du colonel ordonna aux soldat qui avaient survecu de revenir aux tranchées.

(Chakib et Moussa)


Nous étions sur le champ de bataille. Nous étions étouffés par les bombardements incessants, les cris, les morts. Une odeur de brulé nous envahissait les narines : l’odeur d’une arme qui chauffe et des cadavres en décomposition.

Le sol était envahi de cratères comme la lune, faisant tomber les cadavres dans les trous. Malgré cela, nous n’abandonnions pas l’attaque. Nous chargions nos mitraillettes, les mains tremblantes. Elles tombaient comme de l’eau dans une fontaine. Nous étions rapidement à sec. Les soldats tombaient comme des mouches. Nous étions tous des animaux, assoiffés de violence. Seule la mort pourra triompher dans le cauchemar de cette guerre sans fin.

(Maëdhye et Giulia)